Le calcul de trajet intermodal : la clef pour désengorger les villes?

Qu’est-ce que le calcul intermodal ?

Aller d’un point A à un point B demande souvent d’utiliser plusieurs modes de transport en séquence, ne serait-ce que la marche pour se rendre à une station de métro.

Le calcul intermodal est ce qui permet d’optimiser cette séquence en utilisant la chaine de transport qui sera la plus appropriée en fonction des contraintes fixées : temps, prix, charges lourdes, empreinte carbone, points d’intérêt…

C’est ce type de calcul qui vous dira que pour aller à un rendez-vous à Luton depuis Cergy Pontoise il vaut mieux prendre le bus et passer par l’aéroport de Beauvais pour avoir un vol direct pour Luton plutôt que prendre votre voiture pour Charles de Gaulle puis Stansted et un bus ou un taxi ou un VTC ou…

L’intermodalité est mise en avant par beaucoup d’opérateurs dont Google Map. En réalité, il s’agit là de multi-modalité avec un parcours de rabattement qui vous amène à un point de départ le plus proche possible. Or, ce point n’est pas toujours le bon comme décrit plus haut : Google vous aurait envoyé à Roissy qui est plus proche.

Une solution aux problèmes d’embouteillages et d’environnement

Sur des courtes distances, le calcul intermodal est une vraie solution aux problèmes d’embouteillages et d’environnement. Par exemple, toute personne qui habite en Ile de France en dehors de la petite couronne aura a priori besoin d’utiliser un mode de transport individuel pour le début de son parcours. Dans les faits, cela entraine une utilisation de ce mode sur l’ensemble du parcours avec les conséquences que l’on sait sur la circulation à Paris et les communes limitrophes. Le calcul intermodal permet à ces personnes de définir en temps réel, le point optimal où passer de leur mode de transport individuel à un transport collectif (transports en commun ou autopartage). Des applications devraient donc permettre en fonction de l’état du trafic, de déterminer à quel endroit garer son véhicule, réserver une place et un billet pour la part du trajet collective. Il y a d’ailleurs fort à parier que ce type d’applications seront rapidement intégrées aux véhicules connectés qui pourront eux-mêmes régler directement les parkings et billets associés.

Que manque-t-il aujourd’hui ?

Rien en termes d’algorithmes. iTransports.fr ou Citymapper sont d’ores et déjà capables de réaliser ces optimisations. En termes de bases de données, ça se gâte : Citymapper n’est disponible que là où existe l’open data : habitants de villes de province (à l’exception de Marseille et Bordeaux), passez votre tour… iTransports (mobXpert / SLE) dispose quant à lui de l’offre sur l’ensemble du territoire français sauf, les parkings. La Ville de Paris donne cette information mais pas le reste de l’Ile de France par exemple. Or, si une personne veut aller de Cergy Pontoise à Paris en voiture puis en transports en commun, c’est évidemment avant d’arriver à Paris qu’elle doit se garer pour éviter les embouteillages…

Ceci, c’est pour les calculs, pour l’achat des billets, il va falloir attendre encore un peu plus avant que les billets des transports en commun ne soient enfin dématérialisés.

En bref, des outils comme iTransports existent pour régler des problèmes aussi importants pour l’environnement, mais, tant que les pouvoirs publics ne s’uniront pas entre eux pour proposer des solutions d’open data généralisées et des titres de transports dématérialisés, il restera illusoire de régler les problèmes à un seul niveau. Bloquer Paris n’aidera pas les habitants des banlieues et ne fera donc qu’aggraver la situation par exemple.

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